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Graines et germoirs, création d’une nouvelle dynamique dans le monde agricole : Partie 1

16 02 2021

Partie 1 : La réalité du monde agricole

A l’heure où le réchauffement climatique s’accélère, de plus en plus de personnes se rendent compte que leurs métiers n’ont plus de sens et/ou qu’ils contribuent en grande partie aux problèmes sociaux et environnementaux. Des citadins prennent conscience de ces dysfonctionnements et sont plus nombreux à s’intéresser au monde agricole. Beaucoup d'entre eux ont la volonté de produire quelque chose de concret avec leurs mains, d’être utiles à la société et d’avoir un contact direct avec la terre… Mais le chemin de cette aventure n’est pas toujours facile et il faut bien se préparer avant de se lancer !

Graines et germoirs vise à permettre à des personnes qui envisagent de (re)venir vivre sur un territoire rural d’évaluer la faisabilité de leur projet d’installation dans le domaine agricole, de les confronter à la réalité et diversité des métiers agricoles, de les former et les accompagner vers l’installation agricole en relation avec les acteurs pertinents pour leur projet.

Agriculture
Crédits photos : Jonathan Kemper, Unsplash

Nicolas Teulade, le porteur du projet, psychologue de travail, a exercé pendant 10 ans en gestion de projets, pour les personnes et les organisations. Pourtant, son affinité vers le monde agricole est toujours restée : « L’intérêt pour le monde agricole est lié au fait que j’ai une partie de ma famille qui est dans le monde agricole. Je suis toujours resté en lien avec ce monde-là ». Le fait qu’il n’ait jamais perdu le lien avec le monde agricole l’a aidé à réaliser les problématiques importantes de ce secteur. Et c’est cela qui l’a amené à monter le projet Graines et germoirs.

Mais d’abord… quelle est la réalité du monde agricole ?

« J’ai vu les exploitations disparaître parce qu’il n’y avait pas des repreneurs et je me suis rendu compte qu’il y avait un problème de ce côté-là, la moitié des agriculteurs seront partis à la retraite d’ici 2030. »

Aujourd’hui, des solutions existent mais elles sont plutôt orientées vers les personnes issues du monde agricole. D’un autre côté, des urbains ont la volonté de retrouver une meilleure qualité de vie et de nombreux actifs cherchent un métier avec plus de sens et de cohérence sans savoir comment trouver leur emploi en milieu rural et éventuellement reprendre ces exploitations.

Agriculture jeune femme
Crédits photos : Stuart Frisby, Unsplash

Le métier d’agriculteur, un vrai défi

« La question comment attirer ou accueillir des personnes qui ne sont pas du monde agricole, pour qu’elles puissent reprendre des exploitations, c’est un vrai sujet. »

En effet, intégrer le secteur agricole peut être vécu comme un vrai challenge pour les nouveaux arrivants s’ils n’ont aucune expérience et ne connaissent pas le territoire, les terres ou les moyens de production. D’abord, ce sont des métiers nécessitant beaucoup d’apprentissages, avec des formations longues et de la pratique. Les métiers sont physiques, exigent souvent beaucoup d’heures de travail, avec un système de rémunération et une protection sociale qui ne sont pas assez valorisants. La situation de trop d’agriculteurs est indigne de leur importance et des enjeux.

Parmi les freins à l’installation de nouveaux actifs, on trouve aussi un cadre légal assez particulier. Le monde agricole dispose d’une législation particulière sur les statuts des entreprises, l’exercice de la profession, le foncier et la façon d’y accéder. Les règles ont été créées spécifiquement pour le modèle agricole de l’après-guerre et l’encadrement actuel des métiers ne correspond pas à tous les projets des nouveaux candidats.

Nicolas évoque aussi l’aspect d’isolement des agriculteurs : « dans le monde agricole, globalement le modèle principal est d’être indépendant. En moyenne, on y trouve deux personnes par ferme, moins dans certaines activités… ce sont des métiers souvent isolés au quotidien. »

Par conséquent, il y a un vrai enjeu de pouvoir accompagner les personnes intéressées par le secteur agricole et leur proposer des façons différentes d’entreprendre, adaptées au contexte social et environnemental complexe d’aujourd’hui. L’objectif premier est de préserver le métier d’agriculteur qui a un rôle très important, et qui est en lien avec beaucoup d’autres métiers : alimentation, commerce, transport, artisanat, préservation des terres et de la biodiversité.

Légumes
Crédits photos : Unsplash

Découvrez la suite de cet article avec les solutions proposées par Grains et germoirs !

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