La force du réseau

Coop’Cinelles, le projet d’épicerie participative et coopérative

28 10 2022

Coop’Cinelles est un projet d’épicerie participative et coopérative. Ces épiceries ont un système d’organisation basée sur le bénévolat, la coopération et l’autogestion. Ce concept florissant regroupe une trentaine de structures en France. Chaque épicerie se développe à travers des valeurs porteuses de sens pour les coopérateur·rice·s qui participent à la faire vivre. Elles sont un exemple qui ouvre le champ des possibles vers un modèle plus responsable, fait pour et par les consommateurs.
Les porteuses de projet Cécile et Sandrine nous racontent, avec passion et ambition, l’idée et la mise en œuvre de leur projet. Un témoignage qui amène à se poser de grandes questions notamment autour du rapport au temps et des modes de consommation.

Porteurs de projets

La genèse du projet

Pouvez-vous nous expliquer comment vous est venue l’idée de monter ce projet ?

Cécile : Avec Sandrine, nous sommes engagées dans d’autres projets responsables qui nous ont permis de découvrir différentes façons de fonctionner. J’avais aussi l’envie de retrouver du sens et de la projection dans ma vie professionnelle, ce qui s’amenuisait dans mon métier pourtant tourné vers l’humain… j’ai donc décidé de suivre une formation spécialisée dans l’économie sociale et solidaire. Puisque la nécessité de co-créer était très forte, j’ai donc eu l’idée de monter un projet coopératif, c’est pour moi le moyen d’être dans l’action et de faire avancer les choses.
Sandrine : J’avais envie d’aller plus vite et plus loin : dans mon quotidien j’adapte mon mode de vie aux enjeux environnementaux, c’est bien de faire du compost à la maison… mais je voulais avoir un impact plus fort. Je ne supporte plus de voir tous ces rayonnages, ces emballages, ces publicités… Alors j’ai eu envie d’agir en créant un lieu qui me convient, où j’ai plaisir à aller, à retrouver du monde et à être décisionnaire. Simplement, d’avoir le droit de choisir. 

Quelle est votre raison d’être ?

Cécile : C’est vraiment l’envie de co-créer.  Monter une épicerie où l’on trouvera des produits alimentaires et d’hygiène basés sur un modèle économique coopératif et participatif.
Coopératif, car l’épicerie appartiendra à ses membres puisqu’il faudra acheter des parts sociales pour pouvoir consommer dans le magasin, c’est aussi la possibilité de donner une voix à chaque coopérateur·rice·s.
Et participatif, car chaque coopérateur·rice devra travailler 3h par mois pour le fonctionnement de l’épicerie. Le bénévolat, c’est l’essence du projet, c’est un système qui permet de diminuer la charge salariale et donc d’appliquer des marges plus faibles et ainsi, proposer des produits de qualité à un prix plus abordable.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le modèle participatif ?

Sandrine : C’est une façon de redonner le pouvoir aux consommateur.rice.s grâce à la co-construction, à la coopération et à l’engagement. Cela crée un modèle qui nous convient. Nous sommes égaux sur un sujet : nous avons tous et toutes 24 heures dans nos journées. Nous pouvons décider de réfléchir à l’usage que nous faisons de ce temps… afin de pouvoir trouver 3 heures de notre temps chaque mois pour faire fonctionner l’épicerie participative grâce à notre bénévolat.
Cécile : C’est la volonté de sensibiliser à une consommation plus responsable, montrer que nous pouvons faire autrement à travers un autre mode de gouvernance.

De l’idée au projet…

L’idée de créer cette épicerie participative s’est matérialisée en décembre 2021 autour d’une première discussion, comment s’est-elle orchestrée ?

Cécile : Après ma formation j’avais déjà l’idée… J’ai donc contacté Sandrine et Alisson, nous nous sommes mises d’accord sur la manière dont nous allions développer l’idée puis j’ai quitté mon travail pour me consacrer essentiellement au projet.
Sandrine : Suite à cette discussion, nous avons projeté un documentaire sur le premier supermarché coopératif et participatif à New-York, la Park Slope Food Coop avec l’association Cinéma Hors Piste de Bourgoin Jailleu. Cette action nous a permis de sensibiliser 90 personnes au projet, cela nous a aidé à grandir vite.

Cinéma

Ensuite tout s’enchaîne : en mars 2022, vous êtes déjà une association : les ami.e.s de Coop’Cinelles, c’est rythmé ! Comment avez-vous fait ?

Cécile : Nous avons posé un cadre et nous nous sommes dit à partir de maintenant : une réunion tous les 15 jours !
Sandrine : Les petits groupes de travail que nous avons constitués nous permettent de travailler sur des thématiques précises comme le choix des producteurs, ainsi nous avançons sur des sujets concrets et motivants.
Cécile : Puis nous avons déposé notre candidature auprès d’Alter’Incub pour être accompagné·e·s. Nous avons été retenues et avons intégré la promotion d’avril ! Nous apprécions de participer aux journées collectives avec les autres porteur·euse·s de projets.

groupes


Sandrine : Pendant ces journées il y a un véritable esprit d’équipe ce qui nous a permis de nous créer un réseau et d’échanger sur nos pratiques. L’accompagnement individuel nous est très précieux, notre consultante nous aide beaucoup. Depuis que nous sommes accompagné·e·s, nous nous structurons davantage, nous nous professionnalisons aussi. Nous sommes tous et toutes bénévoles, nous n’avons donc pas forcément, dès le début, toutes les compétences nécessaires pour monter ce projet. Maintenant, nous avons des outils, Alter’Incub nous pousse à passer des étapes permettant d’avoir un projet valide à présenter devant un banquier ou une communauté de communes. Alter’Incub, c’est aussi un gage de crédibilité.
Cécile : Grâce au réseau d’Alter’Incub, j’ai fait 15 jours de stage dans une épicerie locale et vrac grenobloise : La Bonne Pioche, et nous allons bénéficier d’un projet tutoré avec les Master 1 de l’université de Grenoble pendant 5 mois afin de développer notre stratégie de communication… Tout cela nous permet de faire grandir le projet rapidement.

Stage
L’accompagnement Alter’Incub incite les porteur·euse·s de projet à tester et à expérimenter qu’en avez-vous retiré ?

Cécile : Mon stage à l’épicerie La Bonne Pioche à Grenoble m’a permis de découvrir les métiers de l’épicerie et de me confronter à la réalité. Malgré un travail physique, la sélection de produits locaux, la bonne ambiance et le contentement des clients… J’ai adoré ! Cela me conforte dans l’idée que c’est possible. C’est sécurisant de pouvoir tester le terrain et c’est possible grâce au réseau Alter’Incub.
Sandrine : Par exemple, nous avons fait des analyses de besoins, nous ne les aurions -peut-être- pas faites autrement. Nous avons construit les grilles d’entretiens pendant une journée collective avec Alter’incub. Nous avons ensuite pris rendez-vous pour des entretiens : ceux-ci nous ont permis de comprendre ce que souhaitent certains habitants du territoire, de créer une relation avec nos potentiels prescripteur.rice.s  et de leur présenter le projet.

Aujourd’hui vous avez travaillé sur un atelier avec votre consultante, pourrirez-vous nous en dire plus ?

Sandrine : Oui ! L’idée c’était de définir les valeurs du projet, celles qui nous tiennent le plus à cœur et sans lesquelles nous pourrions quitter le projet. C’est élémentaire, nous savions que nous devions le faire, mais nous n’avions pas consacré assez de temps à cette prise de hauteur…
Cécile : C’est important, car pour faire fonctionner l’épicerie nous devons recruter 300 participant·e·s. Il faut vraiment que notre projet soit ancré dans des valeurs et que les adhérent·e·s sachent concrètement pour quoi ils/elles s’engagent. Notre consultante a bien compris l’importance d’avoir une vision commune, elle nous a donc rapidement proposé cet atelier. Cela va être essentiel pour tenir un discours commun auprès des nouveaux adhérent·e·s. Nous sommes dans la concrétisation du projet collectif !

Atelier
Quelles sont les prochaines étapes ?

Sandrine : Nous rencontrons les mairies pour présenter notre projet, ce qui nous permettra peut-être de trouver notre local.
Cécile : Nous réfléchissons sur le choix d’un lieu stratégique et la superficie du local dont nous aurons besoin.

Pour suivre l’avancée du projet Coop’Cinelles : https://www.facebook.com/lesami.e.sdecoopcinelles ou https://les-amies-de-coopcinelles.pepsup.com/

 

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