La force du réseau

Tohu Bohu : pour une parentalité collective, solidaire et durable

20 04 2022

Tohu Bohu, voici un nom plein d’entrain pour un projet haut en couleurs ! Être parent, c’est tout une aventure, d’où le proverbe « Il faut tout un village pour élever des enfants ». Derrière la pression du parent parfait, et même du parent écolo, peut se cacher une sensation d’isolement et de fatigue. C’est là que Laurie Blandin et Emilie Gindre entrent en jeu pour proposer un projet phare : rendre la parentalité plus légère et plus durable, dans le territoire de la Métropole de Grenoble.

association tohu bohu eybens

 La genèse du projet

Mais prenons notre temps, sans tout dévoiler en une seule fois, pour remonter à l’origine du projet. Imaginez-vous en 2016 à Echirolles, dans le Théâtre de la Rampe : c’est dans ce lieu culturel que Laurie et Emilie se sont rencontrées, comme collègues ! Déjà le courant passait très bien et, au fur et à mesure, les liens se sont consolidés : « On voulait créer notre projet ».

Quelques années plus tard, Laurie part séjourner plusieurs mois au Québec, à Montréal, ce qui constitue un des éléments fondateurs du projet. En effet, Laurie réalisait notamment des livraisons pour une entreprise proposant des couches lavables. De retour à Grenoble, elle constate l’inexistence de cette prestation. A la croisée de ce service, des questions liées au féminisme et à la libération de la parole sur la maternité, Emilie et Laurie commencent à réfléchir au futur projet que sera Tohu Bohu.

Car les enjeux vont au-delà du service de couches lavables.

tohu bohu

De l’idée au projet : tester la réalité du terrain

En tout premier lieu, le duo s’est rapproché de la Métropole de Grenoble pour s’assurer d’apporter des services complémentaires à ce qui existait déjà. C’est d’ailleurs cette dernière qui les a redirigées vers Alter’Incub.

Le projet prendra véritablement de l’élan avec cet accompagnement d’Alter’Incub à partir de mars 2021 et les journées collectives qui cadencent le programme. « Alter’Incub, c’est génial car notre projet se développait pile sur le calendrier des journées collectives. (…) On a aimé le fait que ça dure 18 mois. »

Pour valider la pertinence du projet, Laurie et Emilie réalisent une étude de besoins auprès des parents et des professionnel·le·s de la petite enfance, soit 25 familles et une dizaine de professionnel·le·s. Cette étude a été doublée d’une enquête en ligne sur les besoins et difficultés des parents, ainsi que leur rapport à l’écologie, et les ressources qu’ils arrivent à trouver (soutien humain et divers appuis, etc).

Deux enjeux principaux émergent de cette enquête :

  • L’isolement des parents : 90% des réponses mentionnent ce sentiment d’isolement, avec une pression ressentie à différents degrés. Ce résultat recoupe ceux d’une étude nationale sur l’épuisement parental.

« Le fait d’être entouré·e peut tout changer dans le ressenti de la parentalité. »

  • La dimension écologique : avoir un enfant renforce la conscience écologique. « Dans quel monde mon enfant va-t-il vivre ? ». Toutefois, les parents se sentent démunis, ce qui ajoute une autre forme de pression. « Là aussi, aider et faciliter peut tout changer ».

Et concrètement ?

« Nous défendons le fait que, dans notre monde, ce n’est pas toujours facile d’être parent. On veut faciliter, inventer, mettre en œuvre des solutions pour rendre possible cette parentalité plus légère, durable. »

Pour répondre à ces enjeux, basé à Eybens, Tohu Bohu propose de construire une communauté d’entraide autour des parents : activités, événements, conférences avec des professionnel·le·s de la petite enfance, avec des réseaux sociaux dédiés. « Tu viens d’avoir un enfant, tu en as marre de faire des tours de poussette tout·e seul·e ? (…) Dans nos événements, il y en a aussi pour les parents. ». En phase de test, le lancement officiel de cette communauté aura lieu en septembre. Peut-être avez-vous participé à leur événement Boum Boum en doudoune ? A (re)vivre en mots et en images ici

association tohu bohu boum boum en doudoune

 

De manière complémentaire, Tohu Bohu propose une offre de services sur-mesure pour faciliter la transition écologique. Le premier service concerne l’utilisation de couches lavables. « Tous les parents en parlent, de cette question écologique ». Et les chiffres sont là, jusqu'à sa propreté, chaque enfant représente environ 1 tonne de déchets s'il s'agit de couches jetables ensuite incinérées ou enfouies. Cependant, en avoir conscience n’est qu’une partie du problème car des freins existent, comme le frein financier. Une couche lavable coûte environ 20 à 25 euros, ce qui peut grever les budgets plus modestes. Tohu Bohu offre une alternative adaptée avec un service de location sous forme d’abonnement mensuel, et un accompagnement à l’utilisation des couches. Elles travaillent également à la mise en place d’un service tout compris avec la livraison des couches propres et la récupération des couches usagées, ce qui résoudra le frein logistique.

En cours de test, le projet compte finaliser ce service qui sera totalement opérationnel avec l’installation de la blanchisserie avec qui elles travaillent. Et pas n’importe quelle blanchisserie, dans la mesure où cette dernière s’inscrit dans la démarche Territoire Zéro Chômeurs de Longue Durée.

Le mot de la fin

Pour le mot de la fin, nous vous proposons de lever le voile sur un sujet qui a attisé notre curiosité : d’où vient ce nom Tohu Bohu ?

« Tohu Bohu… on ne voulait pas un nom qui nous enferme. Là, ça suggère du bazar mais c’est vivant, on défend ça : sortir des injonctions, cultiver la joie, les espaces de liberté. »

Il est temps de clore cette article, merci pour votre lecture attentive, et nous vous invitons à suivre les aventures de Tohu Bohu sur leur page Facebook et sur Instagram ! @icitohubohu

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